Liste 118 :
Apocalyptique, bellâtre, ajouter, subvenir, village,
formidable, entraînement; effrontée, tourtereaux, place
Pendant quatre mois, la canicule s’était abattue sur le village comme une punition silencieuse. Le sol craquelait, les fontaines peinaient à subvenir aux besoins des habitants, et même les anciens, pourtant habitués aux étés ardents, parlaient d’un temps presque apocalyptique. Les volets et fenêtres étaient fermés comme si plus personne ne vivait là. On laissait juste une petite ouverture pour voir un peu ce qui se passait dehors, juste voir si il y avait encore de la vie !
Antoine n’avait rien d’un héros. La chaleur l'avait rendu malade, faible, presque incapable de sortir. il aurait voulu ajouter à ses journées vides un peu de courage, peut-être même un entraînement pour se sentir vivant, mais son corps refusait. Chaque tentative se soldait par un vertige, une fatigue écrasante.
Depuis sa fenêtre, à la toute petite ouverture, il regardait la place déserte. Seuls quelques tourtereaux effrontés osaient encore s’y aventurer, indifférents à l’air brûlant. Leur insouciance contrastait avec son immobilité. lui qui était autrefois un peu bellâtre, sûr de lui, il ne reconnaissait plus son reflet : pâle, fatigué, presque étranger.
Le village tout entier semblait suspendu, comme s’il retenait son souffle. Les jours se ressemblaient, étouffants, interminables, mais malgré tout, il fallait continuer à subvenir au minimum, survivre plutôt que vivre.
Et pourtant, dans cette lente descente, quelque chose persistait. Un regard échangé depuis une fenêtre, un rire étouffé au loin, la présence discrète de ces tourtereaux sur la place. Ce n’était pas grand-chose, mais c’était assez pour ne pas sombrer complètement.
Quand enfin les premiers nuages apparurent, annonçant la fin de ces quatre mois formidables dans leur violence, il comprit qu'il n’avait pas triomphé. Il avait tenu, simplement. Et parfois, dans un monde devenu presque apocalyptique, tenir est déjà une forme de victoire.

J'avais le même sentiment quand nous pouvions aller marcher. Je disais à JP, on dirait que tout le village est mort.
RépondreSupprimerCe sentiment d'écrasement par la chaleur est à la limite du supportable.
Bon week-end.
C'est vrai qu'en ville, on ne voyait plus grand monde, et pour cause..... Trop n'est pas l'ami du bien, bises jill
RépondreSupprimerCoucou ,
RépondreSupprimerOuf tout est revenu à la normale, on peut enfin remettre un petit mot gentil sur chaque blog, me voilà sur le tien pour admirer toutes les jolies choses qui s'y trouvent..
Je te souhaite une très bonne soirée et un bon dimanche, bisous du soir
Merci de vos retours c est gentil
RépondreSupprimerQuel texte puissant et prenant, chère Ghislaine !
RépondreSupprimerTu décris cette lourdeur étouffante de la canicule avec une précision saisissante.
La fragilité d'Antoine, son immobilité face à l'insouciance de ces tourtereaux sur la place, crée un contraste très émouvant.
Ta phrase de fin est magnifique :
《 Tenir est déjà une forme de victoire.》
Bravo pour cette très belle écriture tout en retenue et en émotion !
Bien amicalement, Marie Sylvie
Chapeau ma copine ! C'est vrai qu'on retrouve dans ton histoire, l'atmosphère étouffante qui nous a tous épuisés pendant cette longue période caniculaire. Même chez nous dans les Hauts de France, nous avons dû nous nous calfeutrer derrière nos volets clos.
RépondreSupprimerBisous tout plein en espérant que tu vas un peu mieux
An' Maï
LA CANICULE JE LE SAVAIS N'EST PA STA COPINE ;
RépondreSupprimerFAUT DIRE QU'ELLE FÎT L'ENEMI DE TOUS
FRANÇOIS