No 113 chez Anne-Marie
Coulisses, enchanter, intensité, apparences, visiblement,
subtilité, maintenir, décalé, ambiguïté, enthousiasme.
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Il n'y avait aucune ambiguïté dans les propos de Claire.
Elle n'avait aucune raison de vouloir sauver les apparences.
Pour elle tout devait être dans la transparence même en coulisse.
Ce qui n'était pas le cas il y si longtemps...
Elle avait un enthousiasme débordant de vitalité et tenait à maintenir
un climat de confiance. Elle enchantait très souvent son auditoire.
Quelques temps en arrière, sans aucun doute on l'aurait huée !
Visiblement, elle réussissait puisque chacun l'écoutait avec intensité.
Sa subtilité à convaincre n'avait pas de limite.
A présent en 2153 on pouvait en parler !
Elle se décrivait telle qu'elle était avec même une pointe d'humour décalé.
Certes cela n'avait pas été facile.
Elle avait du marcher sur des chemins semés d'embûches.
Elle avait dû batailler pour se faire admettre dans ce monde,
mais à force de volonté, de travail elle avait réussi, mais à quel prix !
Pour cela elle avait dû renoncé à une vie d'épouse, à une vie de Maman.
Voilà pourquoi aujourd'hui, lors de sa conférence, elle n'oubliait pas de dire
avec moult détails ce à quoi engage cette passion.
Les sacrifices sont un engagement de soi perpétuel.
Le silence qui suivit ses derniers mots fut presque dérangeant.
Claire le sentit immédiatement. Ce n’était pas le silence poli d’une salle attentive, ni celui, attendu, d’un public impressionné. C’était autre chose. Une suspension. Comme si, sans qu’elle ne le dise explicitement, elle avait laissé entrevoir une partie de son activité qu’elle ne maîtrisait pas totalement elle-même.
Elle prit une gorgée d’eau, observa la salle.
Puis quelqu’un leva la main.
"Vous parlez de transparence… mais avez-vous déjà été confrontée
à quelque chose que vous n’avez pas pu expliquer ?”
Claire esquissa un sourire. Pas un sourire de façade. Un sourire bref, presque fatigué.
“Oui.”
Un murmure parcourut la salle.
Elle hésita. Ce n’était pas dans ses habitudes.
Elle avait construit toute sa carrière sur la rigueur, le vérifiable, le rationnel. Pourtant…
“Il y a des cas,” reprit elle lentement, où les données sont complètes, les analyses cohérentes…
et malgré tout, le résultat ne correspond pas.”
Elle marqua une pause.
“Dans mon métier, on appelle ça des anomalies statistiques.
Des marges d’erreur. On les archive, on passe à autre chose.”
Son regard se perdit un instant, comme happé par un souvenir précis.
“Mais parfois… ces anomalies reviennent.”
Cette fois, la salle était totalement immobile.
“Même structure. Même schéma. Des années d’écart.
Des lieux différents. Et pourtant…”
Elle posa doucement son verre.
“…comme si quelqu’un avait compris avant nous
comment influencer ce que nous pensions être… imprévisible.”
Un frisson parcourut l’audience.
“J’ai passé des années à démonter ces cas. À prouver qu’ils n’étaient que des coïncidences.”
Un léger rire, presque inaudible.
“Et puis un jour, j’ai réalisé quelque chose de plus dérangeant…”
Elle releva les yeux, cette fois parfaitement ancrée dans le présent.
Dans le fond de la salle, un homme se leva brusquement,
faisant grincer sa chaise.
Claire le reconnut immédiatement.
Et pour cause.
Parce qu’il n’aurait pas dû exister.
C'était un clone, celui là même qu'elle avait mené à terme !
Ce clone son premier projet devenu réalité.
En effet c'était le métier de Claire, à présent devenu courant
mais dans son époque, c'était caché et ne devait pas être connu.
Mais ce clone fut son premier et sa première erreur aussi que jamais elle ne répéta !
Cet homme dans la salle était son clone à elle mais ,....Homme !
Et vous ? Votre clone, savez vous où il est ???


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